La fin de vie en résidence pour personnes âgées

Prise en charge des résidants en fin de vie

Préambule :

A l’entrée du résidant, sa chambre devient son “chez lui”. Il peut apporter ses effets personnels, ses meubles, ses souvenirs afin de re-créer un cadre identique à son ancien domicile afin de continuer à y vivre comme chez lui, avec toute l’aide que peuvent lui apporter les soignants.

Ce résidant entre en maison de retraite non pas pour y mourir mais pour continuer à y vivre et il est de notre devoir de l’accompagner jusqu’au dernier moment de sa vie.

Accompagner vers la fin de vie, c’est marcher â coté de celui qui va mourir et cet accompagnement va se construire autour d’une relation avec la personne âgée, la famille, et léquipe soignante.

Comment, nous les soignants et aussi non-soignants, pouvons nous accepter de voir mourir les résidants seuls chez eux, dans leur chambre, sans avoir pu bénéficier d’un acccompagnement vers la fin de leur vie.

Avec la mise en place d’une nouvelle orgnisation, il est tout à fait possible et nécessaire d’assurer une présence quasi constante auprès d’un résidant nécessitant des soins de confort et d’accompagnement de fin de vie.

Objectifs pour le résidant en fin de vie : Vivre et mourir comme à la maison

Se sentir entouré ;
Ne pas se sentir seul ;
Ne pas avoir peur ;
Même dans l’inconscience et en l’absence de communication, sentir une présence.
Etc…..

Objectifs pour les soignants :

S’asseoir ;
Etre présent ;
Tenir la main du mourant ;
Soulager la solitude ;
Carresser un front ou les cheveux pour apaiser ;
Entendre et comprendre les plaintes et les craintes ;
Permettre à la personne de se sentir toujours aimé, donc vivante ;
Ne pas abandonner ;
Satisfaire les besoins et les désirs ;
Lorsque le dialogue n’est plus possible, changer la parole en silence et la caresse de la main sur le visage établit une communication ;
Etc…

Projet institutionnel :

Ce projet à pour but :

La mise en place d’une équipe “palliative” dans le but d’accompagner les résidants en fin de vie, équipe composée de 4 soignants volontaires spécialement formés (dont 1 référent).

La participation du médecin coordonateur et du médecin traitant pour la décision de la continuité ou de l’arrêt des soins curatifs et le mise en oeuvre d’une démarche de soulagement de la douleur dans la limite des possibilités offertes par l’établissement, la mise en place de soins de confort ;

La participation de l’I.D.E.C, de l’infirmière, de la psychologue, de la psychomotriciènne, des kinés et des soignants.

Au sein de la résidence, les résidants “annoncés” en fin de vie par leur médecin traitant en concertation avec le médecin coordonateur doivent bénéficier d’une prise en charge adaptée visant à assurer leurs soins de confort de vie dans un respect de dignité.

Le concept de soins de fin de vie implique un travail en équipe pluri-disciplinaire :

1. Transmissions quotidiènne en réunion d’équipe de tout changement de l’état de santé du résidant ;

2. Annonce dès que possible par le Médecin coordonateur (ou par l’I.D.E.C ou l’I.D.E) à l’équipe en réunion de transmission du diagnostic de fin de vie du résidant, de l’arrêt des traitement à but curatif et de la mise en place d’une démarche d’accompagnement ;

3. En cas de diagnostic de fin de vie posé à l’hopital, s’informer du choix de la famille pour un maintien à l’hopital ou un retour à la résidence et un accompagnement au sein de l’ehpad.

4. Annonce à la famille par le médecin coordonateur ou le médecin traitant de la dégradation de l’état général de leur parent et du diagnostic de fin de vie et prise en compte de leurs souhaits (maintien à la résidence ou hospitalisation). Début d’une démarche d’accompagnement de la famille. (?)

5. Mise au courant du résidant par le médecin coordonateur ou son médecin traitant de son état de santé et prise en compte de ses choix (écoute attentive). Les explications concernant la démarche d’accompagnement sont données au résidant. (?)

Rôle du “référent fin de vie ” :

1. Mise en place immédiate d’une démarche d’accompagnement ;
2. surveillance du bon déroulement de l’accompagnement ;
3. Prise de contact avec la famille ;
4. Recueil des souhaits de la famille (présence de bénévoles, souhaits religieux…) ;
5. Mise à disposition d’un salon si la famille désire accompagner le proche pour qu’elle puisse le faire dans de bonnes conditions ;
6. Participation active aux soins de confort.
7. Etc…

Rôle des “soignants fin de vie et du référent fin de vie” :

Sur prescription médicale :

1. Prise de décision du médecin-co de lever le résidant au fauteuil et d’un accompagnement en salle à manger ou d’un maintien au lit.

2. Prise en charge de la douleur physique et psychique :

Administration des antalgiques si besoin par l’I.D.E
Evaluation de la douleur par des échelles d’auto-évaluation type EVA, ECPA ou DOLOPLUS si la personne est non communicante et transmission au médecin ou à l’I.D.E de cette évaluation pour une adaptation du traitement à visée antalgique.

3. Soins infirmiers et de nursing :

Adapter les soins en fonction de l’état du résidant par une démarche adaptée à son confort et à sa qualité de vie ;

Favoriser le travail en binôme infirmière/aide-soignant pour regrouper toilette et pansements en évitant de multiples mobilisations ;

Mise en place, si besoin, d’un traitement antalgique (sur prescription) avant la réalisation d’un soin douloureux ;

Organiser les soins en fonction des phases de sommeil du résident (La toilette et les soins peuvent être fait à tout moment de la journée) ;

Mise en place de kinésithérapie par mobilisation passive à visée relaxante ;

Mise en place de feuilles de changement de position (toute les 2 heures) en prévention d’escarres avec éffleurage des points d’appui ;

Mise en place de feuille de surveillance des selles et des urines (prévention de la constipation, de la rétention d’urine) ;

Faire des changes réguliers

4. Soins de bouche :

Fondamental pour hygiène buccale et le confort, les soins de bouche sont à éffectuer après chaque repas si le résidant mange sinon dès que nécessaire.

5. Alimentation et hydratation :

Respecter les goûts du résidant selon le projet d’accompagnement personnalisé ;
Privilégier les repas fractionnés sur la journée si les trois principaux repas sont trop importants.
Privilégier l’alimentation mixée s’il y a des troubles de déglutition (compotes, yaourt) ;
Assurer une bonne hydratation (Eau gélifiée si troubles de la déglutition) ;
Mise en place d’une feuille de suivi alimentaire et d’apport hydrique.

Dans tout les cas :

Les horaires de visite sont libres ;
Les familles sont informées de toute modification survenant dans l’état du malade.
Prendre soin que la chambre soit propre et ordonnée ;
Frapper et attendre avant d’entrer ;
Rassurer le proche sur le fait que l’on ne remplace pas la famille, le réconforter sur l’importance de sa présence ;
Savoir rester discret tout en se montrant disponible ;
Faire comprendre à la famille l’idée de coopération, de complémentarité, de respect mutuel de la place de chacun autour du malade ;
Toujours vérifier que la douleur est soulagée ;
Réfléchir en équipe sur la prise en charge ;
Développer une approche empathique ;
Privilégier une présence constante auprès de la personne ;
Intégrer les familles et coopérer avec elles ;
Etre attentif, observer (communication non verbale) ;
Partager avec l’équipe et non garder pour soi ;
Ne pas craindre de s’impliquer ;
Passer le relais en cas de souffrance, d’épuisement ;

Prendre en compte la peur des familles :

La peur de la douleur ;
La peur de voir souffrir ;
Peur des symptômes de la maladie (dyspnée, vomissements, agitation… ) ;
Peur du déroulement des événements (Souffre-t-il ? Pour combien de temps ? Nous entend-t-il ?)
Peur de la mort et de l’après

Les facteurs favorisant le sentiment de sécurité des familles :

La confiance dans la compétence du personnel ;
L’information régulière et compréhensible sur la maladie ;
Le besoin d’avoir auprès d’elle une personne-clé ;
Le besoin de verbaliser ses sentiments et ses craintes ;
L’assurance que le personnel soignant est présent.

Charte des droits du mourant :

J’ai le droit d’être traité comme un être humain jusqu’à ma mort ;

J’ai le droit de garder espoir même si les raisons de mon espoir varient ;

J’ai le droit d’exprimer mes sentiments et mes émotions à ma manière, concernant l’approche de la mort ;

J’ai le droit de participer aux décisions à prendre concernant les soins à me donner ;

J’ai le droit de recevoir l’attention de l’équipe médicale, même s’il devient évident que je ne guérirai pas ;

J’ai le droit de ne pas mourir seul ;

J’ai le droit de ne pas avoir mal ;

J’ai le droit d’obtenir une réponse honnête à mes questions ;

J’ai le droit de ne pas être trompé ;

J’ai le droit d’obtenir de l’aide venant de ma famille, afin de pouvoir accepter ma mort et ma famille à le droit de recevoir de l’aide afin de mieux pouvoir accepter ma mort

J’ai le droit de mourir dans la paix et la dignité ;

J’ai le droit de conserver mon individualité et de ne pas être jugé si mes décisions vont à l’encontre des croyances de ceux qui me soignent ;

J’ai le droit de discuter et de partager mes expériences religieuses et spirituelles, même si elles sont différentes de celle des autres ;

J’ai le droit d’attendre qu’on respecte mon corps après ma mort ;

J’ai le droit d’être soigné par des gens capables de compassion et de sensibilité, compétents dans leur profession, qui s’efforceront de comprendre mes besoins et qui sauront trouver de la satisfaction pour eux-mêmes dans le support qu’ils m’apporteront alors que je serai confronté à la mort.


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